🎯 Pourquoi vous n’arrivez pas à perdre du poids 3 ? Analyse de la méthode CICO

Dans le monde de la nutrition, la méthode CICOCalories In, Calories Out – est souvent utilisée comme une équation simple pour perdre du poids : consommez moins de calories que vous n’en dépensez, et vous maigrirez. Si ce principe de base repose sur une réalité physiologique, sa mise en pratique standardisée – en particulier le fameux déficit de 500 kcal/jour – pose de nombreux problèmes.

🔍 La méthode CICO : un résumé

La méthode CICO repose sur une logique énergétique :

  • Si Calories consommées > Calories dépensées → Prise de poids
  • Si Calories consommées < Calories dépensées → Perte de poids

C’est un principe thermodynamique indéniable. De nombreuses études valident son efficacité à court terme (Hall et al., The Energy Balance Model, 2012). Pourtant, sa traduction clinique est bien plus complexe : le corps humain n’est pas une simple machine, mais un système adaptatif, hormonorégulé, influencé par le stress, le sommeil, la composition des macronutriments, et bien plus.


⚠️ Le problème du déficit fixe de 500 kcal : une fausse bonne idée pour la perte de poids

Beaucoup de professionnels recommandent un déficit de 500 kcal par jour pour perdre environ 0,5 kg par semaine. Cela peut sembler raisonnable, mais cette approche universelle est à la fois injuste, inefficace à long terme et potentiellement dangereuse.

Prenons 3 cas concrets :

ProfilBesoin Calorique QuotidienDéficit de 500 kcalApport finalProblème potentiel
Homme actif3000 kcal500 kcal2500 kcalOK pour démarrer
Homme modéré2500 kcal500 kcal2000 kcalRalentissement métabolique rapide
Femme sédentaire1500 kcal500 kcal1000 kcalRisque pour la santé (TMR atteint)

Dans ce dernier cas, une femme avec un taux métabolique de base de 1000 kcal est poussée à la limite. Et on parle bien de son métabolisme de base, c’est-à-dire ce dont son corps a besoin pour simplement survivre (respirer, digérer, maintenir ses organes vitaux).

👉 L’amener à ce niveau calorique, c’est l’exposer à des risques de carences, fatigue chronique, dérèglement hormonal, voire perte de masse musculaire (Loucks et al., 2007).

✅ Une approche plus intelligente de la perte de poids : penser en pourcentage

Plutôt qu’un déficit fixe, pensons en déficit proportionnel, basé sur les besoins réels de la personne :

Besoins journaliersDéficit -10 % à -20 %Apport ajusté
3000 kcal300 à 600 kcal2400–2700 kcal
2500 kcal250 à 500 kcal2000–2250 kcal
1500 kcal150 à 300 kcal1200–1350 kcal

🔁 Et pour ceux qui brûlent 5000 kcal/jour ?

Oui, ça existe. Sportif, grand gabarit, très actif : certaines personnes ont un besoin journalier élevé, jusqu’à 4500 voire 5000 kcal. Dans ce cas, un déficit de 1000 kcal/jour est acceptable et ne met pas leur santé en danger, car ils restent au-dessus d’un seuil métabolique raisonnable.

➡️ C’est bien la preuve que le déficit doit être proportionnel, et non arbitrairement le même pour tout le monde.

🏃‍♂️ L’autre levier oublié : bouger plus, pas forcément manger moins

La plupart des régimes se focalisent sur la restriction. Mais il y a un autre levier souvent plus facile à activer : l’activité physique.

Exemple :

  • Tu dépenses 2000 kcal/jour et manges 2000 kcal → pas de perte
  • Tu montes progressivement de 3000 à 6000 pas par jour → tu dépenses +200 kcal → tu crées un déficit sans changer ton assiette

Ce déficit “invisible” est souvent plus soutenable, plus doux psychologiquement, et très efficace sur le long terme.

🧠 En résumé la perte de poids c’est:

  • ✅ Oui, le déficit calorique fonctionne.
  • ❌ Non, il ne doit pas être le même pour tout le monde.
  • ⚖️ La solution : un déficit intelligent, progressif, et individualisé.
  • 🏃‍♀️ Et parfois, il vaut mieux bouger plus que manger moins.

Ma vidéo plus complète sur le sujet :


📚 Références utiles

  • Hall, K. D. (2012). Energy balance and its components: implications for body weight regulation. AJCN.
  • Loucks, A. B., et al. (2007). Energy availability and the female athlete triad. Medicine & Science in Sports & Exercise.
  • Dulloo, A. G. (2015). Adaptive thermogenesis in human body weight regulation. Obesity Reviews.

Un mot sur l’auteur: Sam H est coach en nutrition et bien-être. Il accompagne les personnes en quête d’une transformation durable grâce à une approche personnalisée des troubles métaboliques.

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